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EDITO All you want to know about the Bear River Interpretive Centre http://bearfriends.kazeo.com Infos sur le Centre d'Intreprétation de la Bear River au Canada http://bearfriends.kazeo.com Retrouvez JL IMBS sur http://www.alsatic.com/visio.php?emission=16&date=26/03/2009 Déroulez l'Edito, en bas de page vous trouverez un diaporama ainsi que des vidéos. L'ETE SUR LA COTE OUEST DU GROENLAND Pour le voyageur qui a visité le monde, il reste toujours le Groenland pour partir à la découverte de l’inconnu, de l’inaccessible, de l’extrême. S’il est des pays à visiter, d’autres sont des pays à vivre, et intensément : le Groenland fait partie de ceux-là ! Le Groenland, le pays des Inuits, est aussi la plus grande île au monde ! Imaginez ce bout de planète qui a fait rêver tant d’explorateurs, parmi lesquels le français Paul Emile Victor, nous y reviendront. Cette île gigantesque s’étend sur 2700 kilomètres du nord au sud –la distance de Londres au Sahara-, et sur quelques 1 300 kilomètres d’est en ouest en son point le plus large, soit la distance de Londres à Gibraltar. Cette géographie particulière place le cap Farvel tout au sud de l’île à la latitude d’Oslo, alors que le cap Morris Jesup tout au nord est à moins de 700km du Pôle Nord ! Pour un touriste, se rendre au Groenland suppose de rejoindre le Danemark, car c’est de là qu’opère la seule ligne aérienne régulière, Groenlandair. Monter à bord d’un Boeing de couleur rouge moucheté de blanc tel un habit de père Noël, et survoler deux heures et demi plus tard la plus grande calotte glaciaire de l’hémisphère nord vous donne carrément l’impression de rejoindre une autre planète ! La surprise viendra du paysage lors de l’atterrissage à Kangerlussuaq, l’aéroport international, en fait une ancienne base militaire construite à la hâte par les Américains au début de la seconde guerre mondiale. Nous sommes ici à 150 KM à l’intérieur des terres, loin de la côte ouest et du détroit de Davis qui sépare le Groenland du Canada. Coincé entre l’océan à l’ouest et la calotte glaciaire à l’est, cette frange de terre libérée progressivement de l’emprise des glaces surprend par la sécheresse à l’entour. Des saules arctiques ont pris racines, le bruant des neige niche dans des anfractuosités de roches et les bœufs musqués paissent tranquillement au loin. Le bus qui nous conduit au port soulève un impressionnant nuage de poussière. Ici, les températures estivales sont clémentes, quelques 24°C sous un ciel bleu, et les moustiques sont au rendez-vous. Notre première escale est à Sisimiut, traduisez « là où le renard fait son terrier » en langue groenlandaise, une langue qui pour imagée et descriptive qu’elle soit, me semble très gutturale à l’oreille. Avec 5350 habitants, Sisimiut est la seconde ville du pays, le Groenland totalisant quelques 56000 habitants. Nous sommes ici à 66°56’ de latitude nord et nous avons ainsi franchi le cercle polaire arctique dans la nuit. Pour rejoindre le port, le bateau se faufile entre un chapelet d’îles et nous croisons nombre de petits bateaux de pêche. La pêche au flétan et de la crevette est une des principales activités de Sisimiut. L’usine locale de transformation expédiera plus tard les produits surgelés vers l’Europe et l’Amérique du nord. En été, il n’est pas rare non plus de voir un pêcheur jeter sa prise du jour –un phoque par exemple- dans le coffre d’un taxi qui le conduira ensuite au marché local pour la vente. Mais ici la période de pêche est très courte car l’hiver et ses -35°C transformera rapidement l’océan en une immense plaque de banquise. Sisimiut est aussi la limite géographique sud pour les chiens groenlandais, ces géants au grand cœur qui sont des alliés indispensables pour le chasseur qui s’aventure sur la banquise. Puissants et courageux, ces chiens sont capables de franchir de très grandes distances tout en tirant un traîneau parfois lourdement chargé de matériel de chasse ou de pêche. La baie de Disko fait la renommée de l’ouest groenlandais. L’île est une formation volcanique récente –environ 80 millions d’années tout de même-, tandis que le Groenland lui-même est le prolongement du bouclier canadien, fait de granit et de gneiss très anciens. Des sources d’eau tiède identifiables à cause des mousses étonnamment vertes et qui dénotent dans le paysage, trahissent les origines volcaniques de l’île. Qeqertarsuaq est un charmant village sur l’île de Disko. Sur la grève, des enfants aux pieds nus se faufilent parmi les fragments d’icebergs qui se sont échoués dans la baie. Si le soleil est au rendez-vous, la mer reste cependant très froide, mais cela ne semble pas les arrêter. En m’approchant, je vois ces jeunes Inuits ramasser –et non pas pêcher- le capelan qui vient ici pour frayer. Munis d’une épuisette, d’un râteau et d’une brouette, les enfants font provision de capelans qui seront utilisés par leur père comme appâts lorsqu’il ira pêcher le flétan. Car le poisson reste l’unique ressource de ce petit village. Et pourtant, le visiteur est surpris de trouver ici par exemple un terrain de football, une salle polyvalente ou encore un supermarché. Plus loin, se trouve le centre des recherches arctiques, ouvert en 1906 et qui se penche aujourd’hui sur l’évolution de la faune et de la flore dans le contexte du réchauffement climatique. Je reviendrai un peu plus tard sur ce sujet brûlant. Face à l’île de Disko se trouve Ilulissat, la 3e ville du Groenland. Ilulissat – traduisez icebergs en groenlandais- n’a pas volé son nom car nous sommes ici au pied du glacier le plus prolifique de l’hémisphère nord. Le front de glace d’une largeur d’environ 8km et haut de plus de 100m vêle quotidiennement des icebergs aux dimensions gigantesques. Il s’agit là de la plus grande usine au monde à fabriquer des glaçons ! La masse de glace cédée ici par la calotte en été, représente l’équivalent en eau douce nécessaire pour approvisionner une ville comme NY pendant toute une année. La beauté, mais aussi la fragilité du lieu, lui ont valu d’être classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2004. En 2003, je randonnais à l’est d’Ilulissat, près d’un site Inuit aujourd’hui abandonné: Sermermiut. J’ai rencontré là-bas des archéologues qui mettaient à jour des vestiges d’un campement Inuit. Lorsque j’ai demandé à David ce qu’il avait trouvé comme reliques, il déplia un mouchoir : ce qui restait de cette civilisation disparue tenait en effet dans un mouchoir. Pourra-t-on en dire autant de notre civilisation ? Mais revenons à nos icebergs. Poussés par les vents qui soufflent de la calotte glaciaire, ces géants aux pieds d’argile viennent buter contre la moraine frontale à l’embouchure de l’Isfjord, avant de poursuivre d’ici la fin de l’été leur route vers l’océan. Plus à l’ouest, le courant du Labrador entraînera ces icebergs vers le sud, au large de Saint Pierre et Miquelon. Nous voici à Ummanaq, toujours sur la côte ouest du Groenland, mais bien plus au nord. En face, du côté canadien, se trouve Ellesmere Island. Ummannaq est une petite communauté de 1500 habitants, qui vit essentiellement de la pêche et de la chasse. Ummannaq doit son nom à la forme de la montagne qui lui sert de décor, un rocher de quelques 1175m de haut et qui sous un certain angle, apparaît en forme de cœur. L’église du village est un des rares exemples de construction en pierres, l’essentiel des maisons au Groenland étant construit en bois. Imaginez ces cubes multicolores, posés à même la roche : pas question de creuser des fondations ou d’enterrer les canalisations, tout est surface et l’esthétique n’a pas sa place ici. Ummannaq est entourée de quelques 11 glaciers qui en été, vêlent une quantité impressionnante d’icebergs. Voilà quelques années, le village fut victime d’un tsunami provoqué par un gigantesque iceberg. En se retournant sur lui-même dans la baie, l’iceberg provoqua une terrible lame de fond qui en arrivant dans le port expédia les bateaux sur le quai, entraînant d’énormes dégâts. A deux heures de bateau d’Ummannaq, une surprise attend le visiteur : il s’agit du désert rouge, une formation géologique qui contraste avec le blanc immaculé de la calotte glaciaire. Pour comprendre ce phénomène il faut remonter sur l’échelle des temps géologiques, et le terrain sur lequel nous marchons aujourd’hui n’est rien d’autre que le fond d’un océan aujourd’hui disparu. L’histoire des peuples premiers qui ont colonisé cette terre inhospitalière du Groenland est fascinante. Imaginez ces hommes et ces femmes venus d’Asie vers l’Amérique en traversant le Détroit de Béring tout là-bas à l’ouest de l’Alaska voilà environ 10000 ans. Puis faisant route vers l’est, ils rejoignirent le Groenland depuis l’île d’Ellesmere voilà environ 5000 ans. Plusieurs civilisations se sont succédé ici: la culture Indépendance, ainsi nommée par les anthropologues à cause des vestiges retrouvés sur les rives du fjord Indépendance sur la côte ouest. Ce peuple nomade disparaîtra, probablement suite à un refroidissement climatique. Lui succède voilà 2500 avant notre ère la culture Saqqaq, un peuple qui lui aussi disparaîtra, ou peut être se retira sur Ellesmere Island suite à l’arrivée des Vikings.Lui succéda la culture Dorset, un peuple au savoir faire plus développé, qui par exemple utilisait des armes, des outils de chasse et de pêche fabriqués à base d’ivoire de morse. Vivant en groupes plus importants que les Saqqaq, les Dorset se déplaçaient en traîneaux et brûlaient la graisse de baleine et de phoque pour s’éclairer et se chauffer. Le Groenlandais moderne est lui un descendant de la culture Thule, nom d’une petite localité tout au nord de la côte ouest. A suivre... Dans un esprit de protection de l'espèce Ursus Americanus Horribilis (non, définitivement les grizzlys n'ont pas mérité cette appellation), j'ai pu réunir des moyens logistiques et des compétences pour ouvrir en 2010 à Stewart en Colombie Britannique un Centre d'Information sur la vie des ours, leur écosystème et les mesures liées à leur protection. Ouvert à tous, ce centre réunira de la documentation sur les ours (panneaux didactiques, vidéos, livres etc), accueillera des conférences, lancera de la recherche sur le terrain. Nous organiserons également des séminaires réunissant des scientifiques, ainsi que des stages de formation pour grand public. Et comme partout au Canada, le tout est en diffusé en français et en anglais.
Les ours polaires seront également représentés, et en 2011 une tournée d'information et d'éducation sera organisée dans les villages de l'Arctique, de la Mer de Béring à l'ouest à la Mer de Barents à l'est. Ces projets supposent des moyens humains et financiers. Nous recherchons des étudiants (biologie, zoologie, écosystèmes aquatiques etc) pour animer le centre. Des dons seront également les bienvenus. Pour tout renseignement: jl.imbs@laposte.net
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