• Vive la crise!
    La situation actuelle était-elle prévisible? Oui, si l'on part de l'idée que les arbres ne poussent pas au ciel et que la capacité de notre belle Planète à nous supporter a atteint ses limites. Mais alors pourquoi n'avons-nous rien vu venir?

    J'ai exhumé cette histoire métaphorique d'Ed FINN (auteur canadien) qui en 2006 s'excusait de rédiffuser un édito rédigé en 1996. Il rajouta que le message avait cependant gardé toute sa pertinence. Aujourd'hui, j'affirme qu'il avait raison sur toute la ligne. Mais sans plus attendre, voici l'histoire...
    L'humanité est sur un radeau fragile, un radeau de survie qui aujourd'hui prend l'eau. Les passagers de troisième classe -appelons-les la classe ouvrière- sont dans l'eau jusqu'au cou. Les passagers de seconde classe -les classes moyennes-  sont momentanément mieux lotis, l'eau ne leur arrivant qu'aux chevilles. Les passagers de première classe -vous aurez compris qu'il s'agit des plus fortunés-, sont encore au sec dans la partie supérieure du radeau.
    Ce sont aussi les seuls à être armés, et par conséquent ils se sont emparés de l'essentiel de la nourriture et des couvertures. Ce faisant ils fragilisent la classe ouvrière chargée de ramer et d'écoper. Les classes moyennes sont pour l'instant mieux traitées, avec ce qu'il faut de nourriture pour les maintenir en survie, mais dans le seul but cinique de remplacer la classe ouvrière si celle-ci venait à  péricliter. 
    Voyons: si les riches et nantis installés dans la partie encore émergée du radeau n'étaitent aveuglés par leur statut de "citoyens de classe supérieure", s'ils avaient un brin d'intelligence pratique, ils comprendraient que leur confort et leur sécurité ne pourront être maintenus indéfiniment au détriment des autres classes. Ils trouveraient sensée l'idée de travailler et de coopérer pour maintenir à flot le radeau, en se concentrant sur l'essentiel, le mener à bon port. Bien entendu ils partageraient la nourriture et les couvertures de manière équitable, et ils se relaieraient pour ramer.
    Et bien non! L'élite semble si habituée à donner des ordres, à vivre dans le confort et à traiter les autres comme inférieurs, qu'elle en est incapable de changer. Son idéologie est plus forte que son instinct de survie. Elle continue par conséquent à maintenir dans ce radeau un système global, basé sur le pouvoir, l'avidité et la prédation au détriment des plus faibles. Tandis que les plus pauvres s'épuisent, les classes moyennes -maintenues en survie dans ce seul but- les  remplacent, et la classe dirigeante est toujours au sec et bien nourrie.
    Lorsque finalement le radeau coule, c'est pour elle le choc. Comment cela a-t-il pu leur arriver, à eux l'élite de la société? N'avaient-ils pas fait exactement ce que les tenants du néolibéralisme effreiné leurs avaient appris? N'avaient-ils pas gagné la compétition de l'accumulation des richesses et de la concentration des pouvoirs? Comment était-il possible que pauvreté, maladie et misère puissent les menacer à leur tour? Iront-ils à leurs tombes sans avoir compris ce qui leur arrivait?
    La morale de l'histoire d'Ed, c'est bien sûr que notre Planète est notre radeau de sauvetage à tous, et que ce radeau prend l'eau de toutes parts. Air et eau sont contaminés, les terres arables et les forêts sont surexploitées, les ressources non renouvelables sont pillées et trop d'espèces animales, végétales et insectes sont éliminées. Saurons-nous tirer les enseignements de la crise, de nos erreurs, pour éviter l'effondrement de notre civilisation? Alors, vive la crise?

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