• EDITO DU 25 MARS 2009

    Des scientifiques réunis récemment à Copenhague en prélude à la grand messe du mois de novembre (pour trouver un accord sur la réduction du CO2) nous annoncent que les prévisions du GIEC sont d'ores et déjà dépassées! Alors que le GIEC prévoyait une montée des océans d'environ 60cm d'ici la fin du siècle, voilà que de nouvelles prévisions nous donnent des chiffres se situant entre 0.75 et 1.90m. Il est vrai que leGIEC n'avait pas intégré la fonte de la calotte du Groenland et de l'Antarctique, qui représentent à elles seules 70% des masses de glace sur notre planète! Pourquoi?? Parce que la communauté scientifique marche au concensus et lorsque certains d'entre eux, sous influence du pouvoir, nient la réalité, l'ensemble de la communauté reste sur sa réserve. 

    Et pendant ce temps, la catastrophe se prépare. Il ne s'agit plus de parler de changement climatique, mais bien de CATASTROPHE CLIMATIQUE.

    Cette semaine, d'autres scientifiques se sont réunis à TROMSO en Norvège pour se pencher sur l'avenir des ours polaires. Le constat est accablant: la banquise recule, l'accès à la nourriture est plus difficile, la pollution chimique réduit leur fertilité, et la chasse fait le reste! Depuis 20 ans la population est estimée à 25000. Mais personne ne sait vraiment. Le chiffre de 22000 est annoncé aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est le chiffre 700, soit 3% de la population d'ours polaires chassés tous les ans pour le seul plaisir. 

    Pour me rendre en Arctique et en Antarctique depuis une douzaine d'années, je constate à l'oeil nu le recul des glaciers, l'effritement des calottes et le recul de la banquise. MAREK, le chef de la station polonaise Arktowski sur la péninsule antarctique, me disait voilà quinze jours: "ce qui se passe ici est une catastrophe! J'étais sur la péninsule voilà 30 ans, je dirige à nouveau des recherches sur les glaces et l'écosystème marin, et je mesure quotidiennement la dégradation. Et cela  va en s'aggravant!
     
    On comprend mieux pourquoi la Hollande a décidé d'investir 50 milliards d'Euros pour rehausser et renforcer ses digues. Pensez donc, voilà un pays dont l'avenir des 16 millions d'habitants et 55% du PIB sont menacés par la montée des océans.  Tant mieux pour les Bataves s'ils ont les moyens et la technologie. 

    Mais qu'adviendra-t-il des centaines de millions d'hommes et de femmes (Bengladesh, Egypte, îles du Pacifique) qui vivent dans des zones condamnées? Les réfugiés écologiques sont déjà en route, tandis que nous continuons de nous interroger sur la véracité du changement climatique, perdus dans des débats stériles, rejetant la responsabilité sur la Chine ou les Etats-Unis. Non, vraiment, le débat est ailleurs: comment l'humanité pourra-t-elle s'adapter, comment pourrons-nous faire face à ce qui ressemble de plus en plus à la plus grande catastrophe écologique de tous les temps?

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