• VOYAGE AU PAYS DES OURS: LE PRINTEMPS

    CA Y EST! Me voilà de retour d'un périple en Colombie Britannique, la province "Pacifique" de l'ouest canadien.

    En mai, fait ce qu'il te plait: c'est la devise des oursons qui après l'hibernation dans la tanière aménagée par leur mère, découvrent ou redécouvrent (pour ceux nés l'année dernière) les joies de la vie au grand air.

    Ils passent maintenant leurs journées à gambader, grimper aux arbres, jouer et ammasser du poids.

    Deux espèces d'ours sont présentes en Colombie Britannique: l'ours noir (le plus commun) et le grizzly (ursus arctos horribilis). Plus au nord, dans le Yukon et en Alaska apparaît l'ours blanc (ursus maritimus).

    Si l'ours blanc se nourrit à 95% de phoques, ses "cousins" sont davantage  omnivores et adaptent leur régime alimentaire aux saisons.

    Ce printemps, j'ai pu observer de près, et à mon gré, une ourse noire accompagnée de ses trois oursons: en effet, elle a élu domicile dans un bosquet en face de la maison qui m'héberge, à l'entrée du village.

    C'est ainsi qu'à pieds ou à vélo, j'avais plusieurs rendez-vous quotidiens avec la famille: le matin entre 7 et 9h, un moment où tous les quatres sont actifs à la recherche de nourriture: herbes, racines, quelques insectes, mais jamais d'incursion vers les habitations à la recherche de quelque poubelle mal fermée.

    Car c'est là le risque majeur pour les oursons: si leur mère leur apprend à s'approprier de l'alimentation humaine, la confrontation avec l'homme tournera en défaveur de l'ours qui tôt ou tard, sera abattu.

    Mais notre ourse est une mère attentionnée, expérimentée. Mes approches ne l'ont jamais perturbée, elle dans le bosquet, moi en bordure. Souvent nos regards se sont croisés, et une forme de respect mutuel s'est installé. La présence de mon vélo et le crépitement de l'appareil photo lui sont devenus si familiers qu'elle doit se rendre compte de mon départ depuis quelques jours! Moi en tout cas, elle me manque beaucoup...

    Un matin, en sortant de chez moi, je vois deux oursons perchés à 10 mètres du sol dans des "cotton tree", des peupliers du nord. Surpris par leur posture, je m'interroge sur leurs motivations à se réfugier là haut. La réponse me parvient un peu plus tard: un grizzly mâle a fait son apparition et par précaution, la mère envoie sa progéniture dans les airs.

    Car un grizzly adulte, par son poids, n'a aucune chance de grimper à l'arbre. Au sol par contre il représenterait un réel danger, car certains vieux mâles sont parfois prédateurs de leur espèce et de l'espèce ours noir. A mon arrivée, le grizzly prend la fuite: je ne le reverrai pas de tout mon séjour.

    Dans les parcs nationaux canadiens, lieux très fréquentés par les touristes, les scientifiques ont observé un taux de survie des oursons plus important que dans les endroits reculés: ils en déduisent que la présence de l'homme tient à distance les vieux mâles.

    Pour revenir à la cohabitation homme-ours, j'étais abasourdis de voir les enfants du village s'intéresser de près à la vie des ours: à savoir qu'à la sortie de l'école le premier qui voit l'ours prévient les autres et c'est vite l'atroupement -à distance respectable- pour obesrver le spectacle qu'offre la nature. Moi qui usait de ruses de Sioux pour m'approcher sans bruit, j'ai appris que l'ours -notre ourse- n'était absolument pas farouche et les cris de joie des enfants ne l'incommodaient nullement.

    Si l'espèce la plus communément observée au printemps est l'ours noir, il est intéressant de savoir qu'il vit dans le Nord Ouest de la Colombie Britannique une petite population qui a changé de robe: blanc, crème ou encore canelle (voir photo). Cette espèce est connue depuis des millénaires par les indiens de la Côte Pacifique (une prochaine série d'articles leur sera consacrée) qui l'ont appelé SPIRIT BEAR, l'ours ESPRIT. Le premier "blanc" à l'avoir décrit est un assistant du  directeur du Muséum de New-York dans les années 20: il lui donna le nom du directeur M.  KERMODE, d'où le nom scientifique de Kermodei .

    A suivre...: voir l'article "Voyage au pays des ours: l'automne".

     

     

     

     


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